Les caps et les restaurants

Suite de notre escapade en Baie de Somme et Côte d’Opale, en ce mois de septembre 2017.

Nous en étions restés aux délicieux sablés d’Hardelot. L’étape suivante nous mène à Wimereux, où Sam voulait absolument s’arrêter. Les ruelles sont étroites et très encombrées quand nous arrivons. Nous nous faufilons donc dans la première place de parking venue, ce qui, vu le gabarit certain de notre Voiture Jaune, n’est pas tout à fait aisé. Wimereux, c’est essentiellement une grand’rue, et une digue, que nous longeons l’une après l’autre. Dans la grand’rue, je découvre cette toute petite boutique absolument magnifique, “La Folle Adresse”. Des jolies choses, des cadeaux malins, de belles matières à prix correct… Pour un peu, je me laisserais aller à des achats compulsifs dis donc. La suite de la rue est du même acabit : de beaux magasins, entre vintage et branchouille, des commerçants souriants, des trottoirs propres. C’est pas mal, tiens, parfois.

Sur la digue, surprise. Ici, les cabines de plage ne sont pas côté sable, mais bien disposées le long des façades, au rez de chaussée des petites constructions à front de mer. On est loin des buildings à 10 étages de la côte belge. C’est d’autant plus étonnant, que l’entrée à rue soit condamnée de la sorte. Cela donne des paysages surprenants, et une plage totalement dégagée que nous apprécions avec plaisir.

Cap Gris NezLes heures filent, et il est temps de rejoindre Cap Gris Nez, notre destination pour la nuit. Nous arrivons à l’heure de l’apéro, particulièrement savoureux : le vent fouette, la marée est basse et dévoile un terrain de galets et d’algues très peu fréquenté. Par hasard, nous découvrons un terrain légèrement en pente, fréquenté par des campings cars, et ô joie, équipé d’un bloc sanitaire éclairé et propre… Les affichettes nous indiquent qu’un tournage de film est prévu à cet endroit deux jours plus tard, ceci expliquant sans doute ces équipements tout à fait surprenant dans un lieu aussi désert. Si jamais vous passez à proximité du restaurant la Sirène, allez donc vérifier si ces toilettes grand luxe sont toujours installées au bord de la falaise.

La faim se fait sentir. Le restaurant en question étant fermé, je reprends mes notes préparatoires au voyage, et convaint Sam sans grande difficulté de pousser jusqu’à Cap Blanc Nez, pour manger au Green Bistrot, à Wissant. Le menu est alléchant : gazpacho de carottes au cumin, linguine champignons et tomates anciennes, et enfin brownie chocolat/noix. Nous trouvons l’endroit, le parking, la carte visa et soudain, le drame : c’est complet. Bien que nous soyons là pile à l’ouverture, et que les lieux soient spacieux, rien à faire. Aucun sourire ni regard larmoyant n’aura de succès. Nous voilà condamnés à reprendre la route. Malheureusement, les petits restos sympas ne sont pas légions, dans le coin, surtout si on a déjà goûté aux moules et envie d’une entrecôte, ce qui m’arrive de temps en temps. On roule, on roule, et on fait le tour du village, tout est complet. On s’arrête devant chez Nicole, qui vend le jambon frites au même prix que les moules (non mais je rêve !), chez Edwige qui sert du Welsh (l’estomac de Sam n’est pas prêt pour ça), chez d’autres que nous ne citerons même pas, pour finalement reprendre la Voiture Jaune et poursuivre notre quête.

Côte d'Opale

On roule encore un peu, on explore Google map et ses restos, on dégotte sur le plan un resto de burger à la française un chouia plus loin, on se dit pourquoi pas… On encode l’adresse… Et on se retrouve à Calais, entre l’armée, la police, les quais d’embarquement pour le Shuttle et le centre commercial énorme et antipathique. Et nous voilà, à mille lieues de ce qu’on avait imaginé, en train de manger un steack haché avec des frites dans une taverne irlandaise qui sert de la 1664.

La leçon est rude, tsé.

La prochaine fois qu’on voudra se faire un bon resto en France, on réserve !

Nous rentrons tout penauds à Cap Gris Nez. Une bonne nuit de sommeil face aux dunes nous fera le plus grand bien. Heureusement, nous avons encore ces chocolats achetés à Hardelot, qui se révèlent être une tuerie de pralines, avec un goût de rhum et de marrons que nous avons franchement apprécié. Une dernière balade au bord de l’eau, qui désormais vient claquer sur le rivage avec une force incroyable, et nous retrouvons le sourire.

A côté de nous, quelques campings cars, mais aussi quelques personnes qui dorment dans leur voiture, non par choix mais par nécessité. Un sourire, une complicité, un bonne nuit glissé au moment d’aller dormir… On se sent un peu coupable de notre luxe, face à cette misère. La nuit sera douce, mais fraîche. Mais douce. Mais fraîche.

Petit déjeuner

Nous passons du parking  “de nuit” au parking “petit déjeuner”, au point de départ des balades de bord de mer. Après un café revigorant, c’est parti pour la marche à pied ! Au loin, l’Angleterre. Ici et là, des explications sur la faune locale. Moi qui pensait que tous les oiseaux de bord de mer étaient soit des mouettes, soit des goélands, j’en apprends. Les panneaux sont bien faits, totalement adaptés à un public familial. Et les moutons qui paissent tranquillement entre les sentiers ajoutent une touche sympathique au tout : c’est sûr, on se rapproche de l’Ecosse. D’ailleurs, mon opérateur téléphonique m’envoie un message de “Bienvenue en Angleterre” qui me laisse rêveuse !

C’est l’occasion aussi d’en apprendre un peu plus sur le flux des bateaux, assez impressionnant. Depuis les portes-containers aux bateaux de pêche, en passant par les ferries, on se croirait sur un boulevard bruxellois sur les coups de 8 heures, l’air salé en sus.

Deuxième halte à Cap Blanc Nez. Le paysage est différent, plus abrupt, plus rocailleux… Les impacts des obus de la 2e guerre mondiale ont laissé un terrain éclaté, blessé. Ici, on raconte les Allemands, les Anglais, les Canadiens… L’histoire est presque sous nos yeux. La visite est silencieuse, respectueuse. Mémoire.

Il est temps de rentrer. Quitter ces paysages splendides, cet air vivifiant et cette région de villégiature pour rejoindre notre plat pays pourtant pas mal vallonné. Sur le chemin du retour, déjà, nous rêvons à notre prochaine destination.

 

 

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Un commentaire

  1. Benoît
    10 octobre 2017
    Reply

    À Wimereux, les cabines sont sur la digue car des marées de vives eaux (sans parler de celles d’équinoxe), l’eau arrive au pied du mur de soutènement de la digue… 😉

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